
Chaque jour, trois phrases - parfois notes de travail, parfois journal intime -.
7 janvier 2026
Les pages, toujours semblables et toujours vivantes, et nouvelles, et ressuscitant perpétuellement.

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Chacun a peur, ou du moins se méfie, redouble de prudence et veut se protéger, c'est logique.
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Le Temps est mobile et tu peux t'y accrocher aisément, pour te laisser emporter par l'été qui n'est jamais achevé.
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6 janvier 2026
Même si ça se passait il y a trois cents ans, tu étais là, tout comme tu le seras si ça arrive dans dix ans, en quelque sorte tu vois tout, et tu entends tout de l'Histoire du monde.

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Suivez-moi dans le dédale, surtout ne me perdez pas de vue, patientez, vous finirez enchantés.
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Tu te fiches carrément de tout en dehors des livres de ta bibliothèque, de ces pages que tu parcours tranquillement, délicieusement.
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5 janvier 2026
Tu es prêt à escalader n'importe quelle paroi, aussi verticale soit-elle.

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Le grand barnum du monde redouble d'effets spéciaux et d'acrobaties, musique militaire et parades en tout sens, et la plupart du temps c'est drôle.
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Les grands auteurs n'ont peur de rien, c'est impressionnant.
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4 janvier 2026
Au sens propre, écrire appauvrit, mais tant pis.

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Les ombres naissent avec soudaineté.
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La mer revient vers les fleuves, et les fleuves ne débordent jamais.
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3 janvier 2026
Comme tout le monde, tu cherches le sentier facile, le chemin qui accélérera ta course.

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"Bonjour et bonne année", ils se la souhaitent plus qu'ils ne te la souhaitent, mais c'est le jeu.
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Chacun fait comme il peut, chacun fait tout ce qu'il peut, et tant mieux si ça suffit pour survivre au grand naufrage en cours.
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2 janvier 2026
Tu es attaché à tes mots comme les étoiles le sont au firmament.

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L'eau te traverse sans cesse, ton corps se charge de la mesurer, la peser, la goûter.
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L'envie, la curiosité, une forme de folie en guise de puissant moteur, te font traverser des déserts et déplacer des montagnes.
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1er janvier 2026
Les voici, tous les corps, vivant, criant, riant, pleurant, et finalement s'exprimant, tous les corps parlants.

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La porte était ouverte et je l'ai franchie, je suis en route, je me rapproche chaque jour de ma destination.
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Vers les paradis naturels, c'est le meilleur cap, tu les atteins très vite, tu t'y arrêtes une heure, un mois, une année entère.
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NOTES :
- Le Carnet existe depuis 2007.
- La partie 2007-2020 du Carnet, jadis hébergée sur un blog de
Gandi.net et disparue d'Internet, est en cours d'archivage pour être
remise en ligne ici.
- Des phrases du carnet, soudées les unes aux autres, ont composé le texte du poème Le seul fou (Ed. Allia, 2024).