Carnet

CARNET

Chaque jour, trois phrases - parfois notes de travail, parfois journal intime -.





11 juillet 2026

La vérité, c'est qu'à chaque page lue l'océan s'agrandit.

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Les mots soient loués, j'ai retrouvé la foi en moi.

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Jusqu'à la sortie du livre, tu éprouves un certain plaisir à avancer masqué.

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10 juillet 2026

Quand tu saisis un livre, les pages s'ouvrent avec joie, elles n'attendaient que toi.

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Boire, manger, lire, dormir, vaste programme.

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Jamais repu, jamais blasé de grandir, l'arbre donne une feuille, plus une autre, et dix, cent, mille feuilles, sortant toutes du même tronc et de la même terre.

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9 juillet 2026

J'ai réussi, je suis parti, j'ai quitté le sol, échappé à l'atmosphère, oui j'ai quitté la Terre.

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Tant et tant de soucis, tant et tant de corps, et si peu de réconfort en dehors des phrases.

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J'ai la chance d'emprunter un bateau spécial, rapide et insubmersible, léger, seyant et coloré.

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8 juillet 2026

Je ne récite pas le texte à haute voix, je le lis tout bas, je le pense tout au fond de moi.

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Feu noir et feu blanc, le texte est puissant.

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Après ça, chacun fera comme il voudra, le plus beau temple est celui qui n'appartient qu'à soi.

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7 juillet 2026

Vive ces lignes droites qui t'autorisent à accélérer au-delà de toute mesure.

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Je me sens tomber de très haut, et très vite, dans une grande jubilation intérieure, comme un caillou que la terre attire.

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La mer c'est ta famille, tu es ici chez toi.

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6 juillet 2026

Sais-tu quelle heure il est à l'horloge de ton c½ur ?

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J'ai besoin d'explorer les plus grands déserts de la Terre.

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Les mers de sable ne sont que des montagnes cachées sous une surface mouvante.

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5 juillet 2026

Puissent toutes tes phrases filer dans un concert joyeux, chacune admirant celles qui la suivront.

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Finalement, j'ai dormi comme une pierre.

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La houle frappe la coque du bateau amarré, on dirait qu'elle lui reproche son escale, qu'elle rêve de l'enlever et l'emporter très loin.

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4 juillet 2026

L'existence d'un moment aussi beau est impossible, et pourtant il est là, resplendissant.

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Je sais écrire cela, mais je n'ai aucun mérite.

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Bientôt, tu relâcheras de l'intérieur de ta tête quelques paragraphes, quelques chapitres, quelques pages.

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3 juillet 2026

Tu n'as pas plus à demander la permission d'écrire ce que tu veux, que l'arbre n'a à demander celle de pousser.

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Faute de notation musicale, avant le Moyen-Âge la musique ancienne nous est restée inconnue, celui qui n'écrit pas restera sans voix.

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On pratique tous les jours un grand jeu : faire battre son c½ur, respirer, dormir, manger, marcher.

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2 juillet 2026

Il faut bien être quelque part, si on veut vivre dans la félicité, alors autant se tenir au c½ur de la lecture.

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Dans les rues, on croise de plus en plus de chiens accompagnés de leurs maîtres.

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Et toujours de longs nuages, soigneusement rangés sur le ciel, des cumulus alignés comme pour un défilé.

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1er juillet 2026

Tous les livres que j'ai aimés m'ont aimé en retour davantage encore.

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Pour ressusciter, il faut beaucoup travailler.

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Tu n'es plus dispersé, tu as réussi à bâtir ta tour de Babel, maintenant aucun dessein ne sera irréalisable.

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NOTES :

- Le Carnet existe depuis 2007.

- La partie 2007-2020 du Carnet, jadis hébergée sur un blog de Gandi.net et disparue d'Internet, est en cours d'archivage pour être remise en ligne ici.

- Des phrases du carnet, soudées les unes aux autres, ont composé le texte du poème Le seul fou (Ed. Allia, 2024).